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BUSH EN GUERRE CONTRE LE MONDE Par Jean-Luc Gonneau
Les ruines irakiennes fument encore, les morts sont à peine enterrés que le prochain « ennemi » est montré du doigt par Washington : la Syrie. Une sacrée bonne idée, d’ailleurs, moins nombreux que les iraniens, moins de sable et de mecque que les saoudiens, le Liban, Beyrouth et son casino en prime si on se prend Damas : une bonne petite affaire. Bon, il n’y a pas de pétrole, d’accord, mais nobody’s perfect. Et ça fera un entraînement de plus pour les boys, qui ont eu, au bout du compte, un match assez facile en Irak. Comme les Etats-Unis demeurent une démocratie, on peut encore espérer que les prochaines élections, l’année prochaine, éloigneront Bush et son gang du pouvoir. Mais il serait peu responsable de se contenter de croiser les doigts en attendant la bonne nouvelle. Et même si Doubeliou ne gagne pas au prochain coup, la position dominante des Etats-Unis restera ce qu’elle est. B. Clinton, que beaucoup de nos bons esprits européens regrettent larme à l’oeil, n’eût sans doute pas entrepris l’expédition irakienne, mais souvenons-nous qu’il fut tout aussi agressif économiquement que son successeur, presque aussi fermé sur les questions environnementales, pour lesquelles l’inertie américaine est dramatique. Imaginer des contre-feux à la volonté hégémonique américaine demeurera donc la question principale de la politique internationale des prochaines années. Ces contre-feux peuvent être « géopolitiques », alliances entre nations, mais aussi économiques, sociaux et culturels. On ne contrera pas les Etats-Unis en adoptant les mêmes armes qu’eux : ce message est destiné plus particulièrement à nos libéraux de gauche comme de droite.
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